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Cinq tendances de fond qui transforment le marché immobilier

Les tendances du marché immobilier à suivre en 2023

Sommaire:

Le marché immobilier ne fonctionne pas en vase clos. Il réagit aux évolutions démographiques, aux politiques monétaires, aux exigences environnementales et aux changements de mode de vie. Comprendre ces tendances de fond – celles qui ne sont pas de simples effets de mode – permet d’investir avec davantage de clairvoyance, selon que vous êtes acheteur, vendeur ou investisseur locatif.

La correction des prix après des années de hausse

Après une longue période de hausse presque ininterrompue, les prix immobiliers dans la plupart des grandes villes françaises ont connu une correction significative à partir de 2023, sous l’effet conjugué de la remontée des taux d’intérêt et du durcissement des conditions d’octroi de crédit.

Cette correction a été inégale selon les marchés. Paris et certaines grandes métropoles comme Bordeaux ou Lyon ont enregistré des baisses réelles de l’ordre de 5 à 15 % selon les secteurs. D’autres marchés – villes moyennes attractives, secteurs avec une forte demande locative – ont mieux résisté. Les emprunteurs de plus de 60 ans sont particulièrement touches par ces evolutions, car les critères appliques par les banques pour un prêt immobilier après 65 ans se sont encore durcis durant cette période.

Ce que ça change pour les acheteurs

Une période de correction offre des opportunités de négociation que les marchés euphoriques ne permettent pas. Les vendeurs sont souvent plus ouverts à la discussion sur le prix. Les délais de vente s’allongent, ce qui réduit la pression sur les acheteurs.

Ce n’est pas automatique : un bien correctement estimé par rapport au marché actuel se vend encore rapidement. Mais les biens surestimés restent en vente bien plus longtemps qu’avant.

Les facteurs qui influencent la stabilisation

  • Les taux d’intérêt jouent un rôle central : leur évolution conditionne directement la solvabilité des acheteurs et donc la demande.
  • L’offre de logements neufs : les mises en chantier ont baissé significativement ces dernières années, ce qui limite la concurrence du neuf sur l’ancien dans de nombreux secteurs.
  • Les tendances démographiques : le vieillissement de la population et les changements de structure des ménages (plus de personnes vivant seules, mobilité accrue) reconfigurent la demande en termes de typologie et de localisation.

La montée en puissance du logement adaptable

Les modes de vie ont considérablement évolué. Télétravail, mobilité professionnelle, recomposition familiale, vieillissement actif… Le logement doit pouvoir s’adapter à des situations qui changent au cours d’une vie – parfois rapidement.

Cette tendance se traduit dans la conception architecturale : des espaces plus flexibles, des cloisons amovibles, des pièces pensées pour remplir plusieurs fonctions selon les moments de la journée ou de la vie. Pour ceux qui veulent calculer la rentabilité avant d’investir dans ce type de bien, les critères d’adaptabilité entrent desormais dans l’equation.

Pourquoi ça change la donne pour l’investisseur

Un bien adaptable est plus facile à louer à des profils variés. Il est aussi plus facile à revendre, car il répond à un besoin plus large. Un T2 avec un bureau intégrable, un T3 dont la configuration permet une mise en location en colocation ou un usage mixte professionnel-résidentiel présente une souplesse que les acheteurs valorisent.

Les innovations pratiques

  • Murs coulissants ou démontables pour moduler les pièces
  • Mobilier multifonctionnel (lit escamotable, table extensible, rangements intégrés)
  • Logements pensés pour l’usage de l’espace en journée (télétravail) et le soir (vie familiale)

Ces aménagements ne sont pas que du confort : dans un contexte de surfaces contraintes et de prix au mètre carré élevés, ils répondent à un besoin réel de maximiser l’usage de l’espace disponible.

L’immobilier durable : des critères énergétiques devenus incontournables

La performance énergétique des logements n’est plus une considération accessoire. Depuis la réforme du DPE (Diagnostic de Performance Energétique) en 2021, les « passoires thermiques » – biens classés F ou G – font l’objet de restrictions progressives à la location. Les logements les moins performants sont interdits de mise en location par étapes, selon un calendrier fixé par la loi.

L’impact sur les prix et la valeur des biens

Les biens énergétiquement performants (classes A, B ou C) se négocient avec une prime croissante. Les passoires thermiques, à l’inverse, subissent une décote qui peut être significative – parfois 10 à 20 % par rapport à un bien équivalent mieux classé.

Pour un investisseur, acheter une passoire thermique avec l’intention de la retaper peut être une stratégie intéressante : la décote permet un achat à prix réduit, la rénovation améliore la classe énergétique et la valeur de marché. Mais le coût des travaux doit être soigneusement évalué, et les contraintes réglementaires (interdiction de louer temporaire pendant les travaux, obligations déclaratives) doivent être anticipées.

Les certifications et labels

Plusieurs références existent pour évaluer la qualité environnementale d’un bâtiment neuf :

  • HQE (Haute Qualité Environnementale) : référence française pour les constructions neuves ou rénovées.
  • BREEAM : certification internationale, souvent utilisée pour les immeubles de bureaux ou les projets commerciaux.
  • RE 2020 : la réglementation thermique qui s’applique aux constructions neuves depuis 2022, avec des exigences renforcées par rapport à la RT 2012.

Pour l’acheteur d’un logement neuf, ces labels sont des indicateurs de qualité – mais vérifiez que les performances annoncées sont confirmées dans les conditions réelles d’occupation.

La numérisation des transactions immobilières

Le secteur immobilier, traditionnellement peu digitalisé, a accéléré sa transformation numérique. Cette tendance reshapera progressivement la façon de chercher, d’évaluer, de négocier et d’acquérir un bien.

Ce qui a déjà changé

  • Les plateformes d’annonces en ligne ont largement remplacé la recherche en vitrine d’agence. Des sites agrègent les annonces de multiples agences et permettent une comparaison rapide.
  • La visite virtuelle est devenue courante : elle permet de pré-sélectionner les biens avant de se déplacer, économisant du temps pour l’acheteur comme pour le vendeur.
  • La signature électronique simplifie certaines étapes administratives, notamment pour les mandats de vente et certains avant-contrats.

Ce qui se développe

  • Les outils d’estimation automatique (AVM – Automated Valuation Models), fondés sur les données de transactions récentes, permettent d’obtenir rapidement une première fourchette de valeur d’un bien. Ces estimations ne remplacent pas une expertise humaine mais constituent un point de départ utile.
  • La gestion locative en ligne centralise la relation bailleur-locataire : état des lieux, quittances, communication, suivi des travaux… Des outils permettent de gérer un bien locatif sans se déplacer, ce qui facilite l’investissement à distance.
  • Les plateformes de crowdfunding immobilier permettent d’investir dans des projets de promotion ou de rénovation en apportant des tickets relativement modestes.

Ce qui ne change pas

La transaction immobilière reste un acte complexe, avec des conséquences financières et juridiques importantes. La numérisation facilite certaines étapes, mais elle ne remplace pas le jugement humain pour évaluer un bien, négocier un prix ou analyser un marché local. Le notaire reste indispensable. La visite physique aussi.

L’inflation et les taux : des effets durables sur le marché

L’épisode inflationniste des années 2022-2023 a modifié durablement certains paramètres du marché immobilier. Certains effets sont déjà bien visibles ; d’autres continuent de se déployer.

Les coûts de construction restent élevés

Le coût des matériaux de construction a fortement augmenté, puis s’est partiellement stabilisé. Cette hausse s’est répercutée sur les prix des logements neufs, qui ont augmenté plus rapidement que les logements anciens dans certains secteurs. La conséquence : la rentabilité de certains programmes en VEFA (vente en état futur d’achèvement) s’est détériorée.

La capacité d’emprunt s’est contractée

La remontée des taux directeurs de la BCE a conduit à une remontée rapide des taux des crédits immobiliers, passant de moins de 1 % en 2021 à plus de 3,5 % en 2023-2024. Pour un même revenu, la capacité d’emprunt a baissé de 15 à 25 % selon la durée du crédit. Cela a exclu du marché une partie des acheteurs et réduit la demande – ce qui a contribué à la correction des prix. Les acquéreurs qui se retrouvent sans épargne initiale peuvent explorer les options pour financer un achat immobilier sans apport personnel, une solution que certaines banques acceptent sous conditions strictes.

Perspective : un marché en attente de stabilisation

Les anticipations des taux sont désormais mieux orientées, avec des baisses progressives des taux directeurs de la BCE depuis 2024. Cette tendance devrait progressivement améliorer les conditions de crédit et permettre à une partie des acheteurs contraints de revenir sur le marché. La reprise sera vraisemblablement graduelle et inégale selon les marchés.

Un investisseur qui entre sur le marché dans cette phase dispose d’un contexte de négociation plus favorable que lors des années de forte hausse. Le marché se lit toujours mieux à froid qu’en période d’emballement.

Signé par

La rédaction CIA Brest

Notre équipe réunit des passionnés de la fiscalité, du financement et du marché immobilier brestois. Nous publions depuis 2019 des guides pédagogiques destinés aux particuliers qui souhaitent investir dans l’immobilier à Brest et dans le Finistère, en comprenant chaque chiffre avant de s’engager.

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