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Dégât des eaux en location : responsabilites et démarches a connaître

Comment un locataire peut-il réparer un dégât des eaux ? : ce qu’il faut savoir

Sommaire:

Une fuite sous l’evier, un plafond qui se decolore, une tache d’humidité qui s’etend sur un mur – les dégâts des eaux font partie des incidents les plus fréquents dans les logements loues. Quand ca arrive, la question qui vient immédiatement : qui doit agir, qui paie, et dans quel ordre ? La réponse dépend de l’origine de la fuite, de la nature des dommages et de la couverture assurantielle en place.

Identifier l’origine du dégât des eaux

Avant toute chose, il faut comprendre d’ou vient le problème. Cette étape conditionne la suite : qui appelle, qui paye, quelle assurance intervient.

Les origines les plus courantes sont :

  • Une fuite sur la plomberie interne du logement (robinet, joint use, tuyau perce).
  • Un debordement accidentel (baignoire laissee sans surveillance, machine a laver mal installee).
  • Une infiltration par la toiture ou les murs extérieurs.
  • Un problème provenant d’un logement voisin (appartement du dessus, mitoyennete).
  • Une canalisation commune de l’immeuble.

Selon le cas, la responsabilite n’est pas la même. Un robinet qui fuit parce que son joint est use depuis des années : c’est au propriétaire d’agir. Un debordement cause par la negligence du locataire : c’est a lui d’assumer. Une infiltration par la toiture : c’est au bailleur (ou à la copropriete si le bien est en appartement) de traiter le problème.

Les premières heures sont decisives

Quand un dégât des eaux se produit, les gestes des premières heures limitent les dommages et facilitent les démarches ulterieures. Voici l’ordre a suivre :

  1. Couper l’arrivée d’eau si la fuite est interne (le robinet d’arret général est généralement sous l’evier de cuisine ou dans un placard technique).
  2. Protéger les meubles et effets personnels et les deplacer hors de la zone touchee.
  3. Eponger et aerer pour limiter l’humidité et éviter la proliferation de moisissures.
  4. Prendre des photos détaillées de tous les dommages, a date et heure visibles si possible.
  5. Prevenir immédiatement le propriétaire par un moyen traçable (message écrit, email, SMS).

Ce n’est pas le moment d’attendre. Plus le signalement est rapide, plus les démarches seront fluides.

Qui prevenir et dans quel ordre

Une fois l’urgence geree, il faut informer les parties concernees. Dans les immeubles anciens, certains incidents d’eau impliquent les canalisations collectives, un sujet voisin de celui du droit du locataire d’obtenir un compteur d’eau individuel qui peut faciliter le suivi des consommations et des responsabilités :

Si vous êtes locataire :

  • Informez votre propriétaire ou gestionnaire par écrit, même si vous l’avez appele oralement.
  • Contactez votre assurance habitation pour déclarer le sinistre. La déclaration doit intervenir dans les cinq jours ouvrables suivant l’incident (delai légal).
  • Si le dégât implique un voisin (fuite venant du dessus ou vers le logement du dessous), informez-le egalement et demandez-lui de faire la même démarche aupres de son assurance.

Si vous êtes propriétaire :

  • En cas de sinistre causant des dommages à l’immeuble commun (toiture, canalisations collectives), signalez-le au syndic de copropriete si le bien est en appartement.
  • Declarez a votre propre assurance propriétaire non occupant (PNO) si vous en avez une.

La convention IRSI (Indemnisation et Recours des Sinistres Immeuble) simplifie la gestion entre assureurs pour les dégâts des eaux intra-immeuble. Elle definit des seuils en dessous desquels c’est l’assurance du locataire qui prend en charge sans recours, pour éviter les longueurs de procédures.

Ce que couvre l’assurance du locataire

L’assurance habitation du locataire, aussi appelee assurance multirisque habitation (MRH), est obligatoire pour toute location d’un logement a usage de residence principale. Avant la survenance d’un sinistre, pensez aussi à vous informer sur les délais et démarches à respecter pour donner son préavis de location, car un dégât des eaux majeur peut influencer votre décision de quitter le logement plus tôt. Elle couvre en principe :

  • Les dommages aux biens meubles du locataire (mobilier, vetements, appareils electromenagers).
  • La responsabilite civile du locataire en cas de dommages causes à des tiers ou à l’immeuble.
  • Les frais de relogement temporaire si le logement devient inhabitable.

Elle ne couvre pas automatiquement les dommages au bati lui-même (murs, plafonds, revêtements), qui relevent de l’assurance du propriétaire. La frontière entre les deux n’est pas toujours evidente : lisez attentivement les conditions générales de votre contrat.

A Brest, ou les périodes de pluie intenses peuvent favoriser les infiltrations, une bonne couverture MRH est un bouclier utile. Verifiez en particulier si votre contrat couvre les infiltrations par les menuiseries : ce n’est pas toujours inclus par defaut.

Ce que l’assurance du propriétaire couvre

Le propriétaire a tout intérêt a souscrire une assurance propriétaire non occupant (PNO). Ce type de contrat intervient dans les situations ou :

  • Le locataire n’a pas d’assurance habitation (même si c’est obligatoire, ca arrive).
  • Le sinistre est lie à la structure du batiment (toiture, canalisations privatives, gros œuvre).
  • Il y a un litige sur la responsabilite et qu’aucune autre assurance ne prend en charge.

L’assurance PNO peut aussi couvrir les pertes de loyer en cas d’inhabitabilite du logement après un sinistre important, selon les options souscrites. C’est un point à vérifier si vous investissez dans du locatif en Bretagne.

Les dommages que le locataire peut reclamer

Quand un dégât des eaux est cause par la faute du propriétaire (toiture defaillante, tuyau vetu non remplace malgre une alerte), le locataire peut reclamer plusieurs types de prejudices :

  • Dommages materiels : remplacement des biens deteriores (mobilier, vetements, appareils).
  • Perte de jouissance : si le logement est partiellement ou totalement inutilisable, une réduction ou une suspension du loyer peut être demandee.
  • Frais de relogement temporaire : si le locataire a du quitter le logement en urgence.
  • Prejudice moral : en cas de situation particulièrement difficile (humidité prolongee, sante impactee), une indemnisation peut être envisagee.

Ces reclamations passent d’abord par un échange amiable avec le propriétaire, puis par la commission departementale de conciliation si aucun accord n’est trouve, et enfin par les tribunaux si nécessaire.

La moisissure : un sujet a part entiere

Les dégâts des eaux non traites rapidement favorisent le développement de moisissures. Ces champignons microscopiques peuvent deteriorer les murs, les revêtements et la qualité de l’air intérieur. Selon l’origine de l’infiltration, notamment si elle provient des installations sanitaires, il peut être utile de savoir qui est responsable d’une fuite de chasse d’eau entre locataire et propriétaire pour définir rapidement qui doit agir.

Si les moisissures sont liees à un defaut de ventilation imputable au batiment (VMC defaillante, fenêtres sans ventilation), c’est au propriétaire d’agir. Si elles resultent d’un manque d’aeration du locataire (pièces trop chauffees sans renouvellement d’air), la responsabilite peut être partagee ou transferee au locataire.

Ce point est souvent litigieux. Un constat d’huissier peut être utile pour établir l’état des lieux avant et après et objectiver la situation.

Prevenir les dégâts des eaux : 5 précautions concretes

La prevention reste la meilleure approche, selon que vous êtes locataire ou propriétaire :

  • Locataire : signalez immédiatement toute anomalie (fuite mineure, humidité persistante, traces d’eau au plafond) sans attendre qu’elle s’aggrave.
  • Locataire : ne laissez jamais la machine a laver ou le lave-vaisselle tourner en votre absence si les raccordements sont anciens.
  • Proprietaire : faites inspecter les canalisations et la toiture régulièrement, surtout sur des logements anciens.
  • Proprietaire : verifiez que la VMC fonctionne correctement à chaque changement de locataire.
  • Les deux : assurez-vous que les robinets d’arret sont accessibles et fonctionnels, et que le locataire sait ou ils se trouvent.

Un petit incident traite a temps reste un simple dégât des eaux. Mal gere, il peut devenir un sinistre majeur qui impacte plusieurs logements et se chiffre en milliers d’euros. A Brest, ou les immeubles anciens sont nombreux dans les quartiers centraux, cette vigilance vaut pour tous les propriétés.

Signé par

La rédaction CIA Brest

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